Par Marc
23 juillet 2026
2025-2026
A la maison
actus
Le sort m’a rattrapé
La montagne m’a appris à lire le danger. Et c’est au bord de la piscine que le genou a lâché.
Avec des milliers de jours sur les skis, la montagne m’a offert plusieurs occasions de comprendre qu’elle décide seule. J’ai frôlé la mort à plusieurs reprises et je m’en suis sorti chaque fois sans grosse casse. On finit par se croire un peu chanceux, peut-être un peu intouchable.
Le sort m’a rattrapé un soir d’été, à la maison, au bord de la piscine, en famille. Adultes et enfants, jeunes et moins jeunes, on se jetait à l’eau dans les rires et les éclaboussures. Une de ces soirées où l’on ne pense à rien d’autre qu’à profiter du moment présent.
Un accident bête, rien de plus. Peut-être un genou fragilisé par le temps et par toutes ces descentes éprouvantes accumulées saison après saison, ou alors simplement le hasard. Le résultat reste le même.
Le diagnostic, je l’ai eu avant l’hôpital. Immédiatement, dans le ressenti — ce genre de sensation qui ne laisse pas de place au doute. La consultation l’a confirmé : rupture complète des ligaments croisés, fracture du plateau tibial, arrachée par le ligament. Le ménisque est intact, c’est la chance dans l’histoire et elle compte.
Consultation rapide chez le spécialiste, IRM précoce, décision nette : opération au plus vite. Reconstruction du LCA avec un greffon prélevé dans les ischios, le 6 juillet, moins d’un mois après l’accident du 13 juin. Peu d’attente et peu de questions en suspens : dans ces moments-là, la vitesse de la décision vaut presque autant que la décision elle-même.
Trois jours à la Clinique de Genolier. Je n’y attendais rien de particulier, et j’en garde pourtant un souvenir précis : un service impeccable, des gens aimables et attentionnés. Dans un moment où l’on n’est pas au mieux, ça change tout — c’est le genre de chose qu’on oublie de dire, alors je le dis.
De retour à la maison, le long chemin de la rééducation commence. Il fait plus de trente degrés et l’épanchement est violent. La mobilité revient doucement, jour après jour, degré après degré, et la perte musculaire reste minime : c’est déjà ça. Mais la prise du greffon suit son propre cours, et lui ne négocie pas.
Je ne suis pas seul sur ce chemin. Les physios et les thérapeutes en drainage lymphatique font un travail remarquable de patience et de précision : ce sont eux qui font avancer les choses pendant que le genou, lui, prend son temps. J’avance bien, mieux que ce que j’espérais. Mais avancer bien ne veut pas dire aller vite, et c’est probablement la leçon la plus difficile de cet été. Pas de précipitation.
Alors la décision est prise : pas de ski cet hiver, aucune exception, pour s’assurer un retour au top l’hiver suivant. C’est dur à écrire et plus dur encore à accepter, un gros coup au moral. Mais c’est nécessaire pour la durée.
Reste une question, et elle m’occupe déjà : comment faire vivre 75mm Production sans moi sur les pistes ? Peut-être en montrant un autre aspect, d’autres personnes, d’autres histoires — mais toujours du télémark. Ils sont nombreux à le vivre comme moi, et cette saison pourrait être l’occasion de mettre en avant leurs aventures à eux, avec la même exigence pour la qualité des visuels et de la narration. La caméra n’a pas besoin de mon genou pour tourner.
J’explore toutes les directions. Peut-être que vous, vous avez une idée ? Si c’est le cas, contactez-moi et exposez-moi vos plans. Parce qu’au fond, nous tournons tous autour de cette même passion. Faisons-la vivre ensemble.










Commentaire de l’auteur
Je préfère sacrifier une saison pour profiter pleinement des 15 à suivre que de risquer l’arrêt pur et simple de ma plus grande passion.